Αρχείον Ιωάννου Καποδίστρια, τ. Ι΄

Τίτλος:Αρχείον Ιωάννου Καποδίστρια, τ. Ι΄
 
Τόπος έκδοσης:Κέρκυρα
 
Εκδότης:Εταιρεία Κερκυραϊκών Σπουδών
 
Συντελεστές:Δήμητρα Πικραμένου-Βάρφη
 
Έτος έκδοσης:1983
 
Σελίδες:324
 
Θέμα:Επιστολές προς Εϋνάρδο, Λεοπόλδο του Σαξ Κόμπουργκ και Μιχαήλ Σούτσο
 
Χρονική κάλυψη:1829-1831
 
Άδεια χρήσης:Εταιρεία Κερκυραϊκών Σπουδών
 
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Εμφανείς σελίδες: 195-214 από: 323
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une conduite plus analogue à ses devoirs. J’ai demandé pour lui des faveurs de la part de son Gouverne(men)t et j’ai pris la liberté d’en écrire dans le tems à M(onsieu)r le Maréchal Duc de Dalmatie. Lorsqu’en janvier et février derniers il a itérativement demandé sa démission par suite de démêlés qu’il avait eu avec M(onsieu)r Gérard Directeur du Corps régulier et avec M(onsieu)r Pourchet Directeur de l’Arsenal, je me suis interposé, et j’ai tâché grâce aussi à l’intervention de M(onsieu)r Eyceronnier, Commandant de l’Artillerie dans la Brigade française, de ne pas donner suite aux demandes de M(onsieu)r Pauzié et de le faire rester à son poste. Mais connaissant par une pénible expérience combien il importait de mettre un frein au caractère de cet officier je me suis bien gardé de faire donner aucune réponse officielle à ses demandes de démission.

Les funestes évenemens d’Hydra et de Poros vinrent ensuite ses symφ.2Γ pathies au/point qu’il ne sût plus se contenir. Sa correspondance avec le Ministre de la Guerre et jusque dans la moindre petite affaire fût désormais inadmissible à raison des termes inconvenants ou plutôt injurieux qu’il paraissait prodiguer à dessein à ce fonctionnaire du Gouvernement. S’il se permettait de manquer à ce dernier par ses lettres jugez quel devait être son langage au milieu des élèves dont il devait diriger l’éducation, au milieu des officiers qu’il devait former à la discipline. Il n’y avait pas de jour où je ne fusse accablé de plaintes et de récriminations de la part des officiers Grecs qui ne pouvaient tolérer de voir méprisé le Gouvernement, publiquement, par cet officier supérieur. Tous les efforts que j’ai faits en appelant auprès de moi M(onsieu)r Pauzié et en le priant de se modérer, ont été inutiles. Il ne me restait donc plus qu’à accepter aujourdhui la demande de démission qu’il m’avait fait parvenir en janvier. Avant d’arrêter cette mesure j’en ai prévenu M(onsieu)r le Général Gérard. M(onsieu)r Pauzié pour me faire changer de détermination m’a adressé une lettre dont je joins ici la copie.

Ce document me dispense de vous en communiquer une foule d’autres qui vous caractériseraient encore plus l’homme. Si au moment de demander au Gouvernem(en)t une faveur, M(onsieu)r Pauzié ne sait que l’insulter grossièrement, jugez des procédés qu’il tenait journellement envers le Ministre de la Guerre.

Je joins ici une lettre à S(on) E(xcellence) le Duc de Dalmatie pour lui annoncer que je suis forcé de donner à M(onsieu)r Pauzié sa démission et pour le prier de vous accorder une audience dans laquelle vous vous ferez un devoir de l’entretenir plus en détail de cette désagréable affaire.

Les officiers français qui comme M(onsieu)r Pourchet remplissent avec zèle leurs devoirs et qui font profession de sentimene honorables sont chéris par le Gouvernement et il se félicite toutes les fois qu’il peut saisir une occasion de leur témoigner sa confiance et sa gratitude.

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En donnant provisoirement le commandement de l’Artillerie et la direction de l’Ecole Centrale Militaire à M(onsieu)r le Lieut(enan)t Colonel Rayko, j’ai confié définitivement la direction du matériel de l’Artilleφ. 2V rie à M(onsieu)r Pourchet/en le plaçant, d’après le désir qu’il m’a exprimé, de manière à n’avoir de relations directes qu’avec le Ministère de la Guerre.

Vous pouvez donc donner à M(onsieu)r le Maréchal Soult l’assurance que c’est pour prévenir le désordre auquel aurait donné lieu la conduite et le langage de M(onsieu)r Pauzié, tant dans le bataillon d’Artillerie qu’à l’Ecole militaire que j’ai dû dispenser cet officier supérieur de continuer ses services à la Grèce.

Je suis loin de vouloir faire pour cela du tort à la carrière qu’il peut fournir en France. Dans une autre position, placé sous des chefs que savent et peuvent maintenir leurs subordonnés dans le devoir, M(onsieu)r Pauzié dont les capacités semblent incontestables servira encore la France avec distinction.

Si comme je l’espère vous obteniez de M(onsieu)r le Maréchal Duc de Dalmatie une audience, veuillez lui faire part de toutes ces observations et mettez sous ses yeux la copie de la lettre de M(onsieu)r Pauzié que je vous envoie.

Je ne vous répéterai pas ce que je vous ai écrit par ma dernière lettre. Faites tout ce qui peut dépendre de vous pour hâter les décisions des Cours Alliées ou dumoins pour faire arriver en Grèce quelques secours pécuniaires et les instructions collectives que je vous ai engagé à demander à la Conférence de Londres.

Agréez, Mon Prince, l’expression de toutes mes amitiés.

( signature )

Je n’ai pas encore vu l’Amiral Ricord. Je vous écrirai par la poste prochaine.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ Μ. ΣΟΥΤΣΟ

Correspondance, τόμος IV, σ. 386-390 και Αρχείο Καποδίστρια.

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[Ο Καποδίστριας περιγράφει τις δυσκολίες που αντιμετωπίζει, οι οποίες οφείλονται όχι μόνο στις ενέργειες των αντιπολιτευόμενων κύκλων, αλλά, κυρίως, στη βοήθεια και την ενθάρρυνση που παρέχουν στους επαναστάτες οι ξένοι αξιωματικοί].

A M(onsieur) le Prince Soutzos, à Paris.

Nauplie, 24 août / 5 septembre 1831

C’est le 18/30 de ce mois que j’ai reçu, mon prince, vos dépêches du 30 juillet, et le 7 de ce même mois celles sous les numéros 25 et 26.

Je ne saurais assez vous remercier du zèle et de l’empressement que vous avez mis à me faire parvenir les informations importantes qu’elles renferment.

L’ensemble de ces informations, les détails que nous apportent les journaux ministériels et ceux de l’opposition, me font grandement soupçonner que la guerre est inévitable, quels que soient les efforts que fait et fera la diplomatie pour la retarder au moins pour le moment.

La guerre est dans les choses, ou si l’on veut dans les intérêts; que peuvent dès lors les paroles qui ne représentent ni les unes ni les autres?

Je suis porté à croire que la communication confidentielle qu’on vous a faite est de bonne source. Je pense aussi que si la guerre éclate, l’Angleterre ne se prononcera pas, et qu’elle demeurera neutre.

Un homme très-sage et très-profond a dit qu’en politique souvent ce qui ne paraît pas probable est possible. S’il doit en être ainsi dans ces graves et périlleuses circonstances, il se peut encore que la paix se maintienne, et que dès lors l’affaire de la Grèce se décide sous les auspices de l’alliance.

Dans cette dernière hypothèse comme dans toute autre, nous devons remplir nos devoirs en honneur et conscience.

Fermement résolu de remplir les miens jusqu’à la dernière extrémité, je vous transmets aujourd’hui le mémoire adressé à la conférence de Londres, que je vous ai annoncé par mes dernières lettres. Je vous envoie aussi plusieurs documents que vous vous empresserez de mettre également sous les yeux de L(eurs) E(xcellences) les représentants des cours alliées.

Ces documents sont: le contenu des adresses des provinces et de l’armée, le rapport du ministère de la justice sur la révolution d’Hydra et sur les attentats de Poros. Les autres qui font suite à cette pièce donneront l’idée de l’état des choses jusqu’au moment du départ du courrier.

Ces documents et ceux dont ils résultent jettent, ce me semble, un grand jour sur notre situation intérieure, et ne laissent pas de doute sur la nature des remèdes dont la prompte application peut faire encore le salut de la Grèce.

Si la conférence de Londres existe encore, ces remèdes sont faciles. Si

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elle ne les a pas adoptés sur vos demandes réitérées, elle pourra encore les adopter, et ce pays sera encore en état de répondre aux vœux des Puissances alliées. Dans le cas contraire, quelles que soient les combinaisons, nous devons faire connaître la vérité tout entière à chacun des trois cabinets. Dans cette hypothèse vous vous donnerez la peine de tirer des copies du mémoire, et vous les ferez parvenir officiellement aux ministères anglais et français, et à Messieurs les ambassadeurs de Russie. Vous tâcherez d’obtenir au moins un accusé de réception.

Je ne répondrai aujourd’hui ni aux questions qui regardent les revenus des provinces dont on se propose de demander la concession à la Porte, ni à celles des Vacoufs; je crois tout ceci hors de saison. Quand même je me tromperais, il y aura toujours temps de faire amende honorable.

J’en dis de même de la proposition que vous m’avez faite quant au mode de pourvoir aux objets d’équipement pour nos troupes. Votre plan suppose l’emprunt et une avance; si cette double supposition se réalise, j’approuve votre idée et je vous autorise à y donner suite.

Je mets un si grand intérêt à vous faire recevoir promptement et sûrement le mémoire et la présente dépêche, que j’expédie un courrier ad hoc à Ancone.

Je vous le répéterai. Soyez bien assuré mon prince, que je demeurerai ferme à mon poste jusqu’au dernier moment, et que si des circonstances majeures m’engagent à le quitter, je ne le ferai jamais qu’en employant tous mes efforts pour justifier la confiance dont la nation me donne tous les jours des preuves très-touchantes.

P. S. Au moment de faire cacheter le paquet, je reçois deux rapports de Salamine et un de Syra. Je les fais copier et je les joins ici.

Vous verrez quelle est la mission dont a été chargée la corvette française la Lionne. Son commandant a réprimandé le gouverneur civil et les officiers de la garnison, d’avoir opposé aux Hydriotes la résistance des armes. Il leur a dit en toutes lettres que sous peu de jours les patriotes d’Hydra triompheront du président, que M(onsieur) Ricord sera renvoyé avec ses bâtiments, et que ceux qui s’opposent aux Hydriotes agissent en aveugles qui ne connaissent pas leurs véritables intérêts.

M(onsieur) Lyons a engagé les coryphées de la révolte de Syra à délier la bourse, attendu que le président est fort du Péloponèse et de la Grèce continentale, qu’il a de l’argent, et que s’il réunit le congrès ils seront perdus, attendu que les Puissances alliées ne peuvent pas intervenir dans les affaires intérieures.

Ces documents sont d’une haute importance. Ils prouvent que le gouvernement provisoire lutte, non avec les Hydriotes et le peu d’hommes

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qui les mènent, mais avec les grands patrons qui les protègent désormais ouvertement.

M(onsieur) l’ambassadeur Gordon vient d’arriver de Constantinople. Il a passé par Hydra. Il a à son bord M(onsieur) Clonarès, l’un des brouillons que le gouvernement a dû faire sortir d’Argos.

Je fais complimenter Monsieur l’ambassadeur. Il viendra me voir; je lui parlerai clair. C’est une ancienne connaissance. Tout ce que vous apporte le courrier de ce jour, vous donne assez la mesure des circonstances périlleuses et critiques dans lesquelles se trouvent le pays et son gouvernement.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος IV, σ. 390-391.

[Ο Καποδίστριας ενημερώνει τον Εϋνάρδο για τα προβλήματα τα οποία αντιμετωπίζει στο εσωτερικό της χώρας και για τις οικονομικές τους συναλλαγές].

A M(onsieur) le Chevalier Eynard, à Genève.

Nauplie, 24 août / 5 septembre 1831

C’est avec une véritable satisfaction que j’ai reçu, mon cher Eynard, en tout dernier lieu votre lettre de Genève en date du 18 juin.

Comme je vous l’ai dit par ma lettre du 3/15 août, je suis condamné à combattre les folies qui nous viennent du dehors, et je les combats en manquant complètement du moyen le plus efficace, c’est-à-dire d’argent. Néanmoins j’ai une pleine confiance en Dieu, et je ne perds pas courage. Jusqu’ici la masse de la nation s’est montrée sous un jour très-honorable. Il en est de même de l’armée; elle a un trimestre à recevoir, et cependant elle demeure ferme dans les sentiments d’honneur et de fidélité. La marine s’est laissé gagner par les séductions de ses ennemis. Cependant l’île de Spetzia, une grande partie des Psariotes, et quelques Hydriotes sont restés fidèles ; et nous avons encore à la voile quelques bâtiments armés à la hâte après la catastrophe de Poros.

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Ne soyez pas en peine pour vos 200.000 francs. Je vous les ferai garantir par l’assemblée nationale, ce qui vaudra mieux que toute autre autorité.

Le prince Soutzos m’écrit en date du 7 août. Il espère encore le maintien de la paix et la possibilité des subsides que les Puissances alliées nous ont promis. Je voudrais bien partager la même espérance, mais je n’ose pas y compter.

Dites mille choses de ma part à M(ada)me Eynard. Je vous serre la main de tout mon cœur.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ Μ. ΣΟΥΤΣΟ

Correspondance, τόμος IV, σ. 391 - 398 και Αρχείο Καποδίστρια.

[Ο Καποδίστριας γράφει στον πρίγκηπα Σούτσο για την κατάσταση που επικρατεί στην Ελλάδα και για τα διαβήματά του προς ξένους αρμόδιους, ώστε να σταματήσουν οι ξένοι αξιωματικοί να υποστηρίζουν ενέργειες που στρέφονται ενάντια στην Κυβέρνηση].

A M(onsieur) le Prince Soutzos, à Paris.

Nauplie, 31 août / 12 septembre 1831

Nous avons ici les journaux français jusqu’à la date du 18, mais je n’ai pas reçu par cette occasion de vos nouvelles. Les dernières sont du 7 ; je vous ai répondu par mon expédition en date du 24 de ce mois, voie d’Ancône; et je joins ici le duplicata des documents qu’elle vous porte. J’en ajoute deux autres qui vous mettent en mesures de bien apprécier la situation des îles de la mer Égée.

Vous pouvez par conséquent donner des informations positives sur le véritable état des choses. Je le résume encore une fois.

La clique d’Hydra, protégée toujours par les commandants des stations française et anglaise et par Messieurs les résidents de ces deux Puissances, reste ferme dans ses projets subversifs.

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Tous mes efforts se réduisent aujourd’hui à maintenir le statu quo, au moins jusqu’à l’arrivée des réponses qu’on attend de France et d’Angleterre, et qu’on lui fait espérer favorables à l’accomplissement de ses desseins. Ce statu quo n’est rien moins qu’inoffensif pour la nation. Les bâtiments hydriotes oppriment et ravagent l’Archipel, fomentent les troubles et la guerre civile dans le Magne, coupent enfin, autant qu’ils le peuvent, les communications maritimes du gouvernement avec différents points de l’état.

Plus cette crise se prolonge, et plus le gouvernement est dans la douloureuse nécessité d’armer les citoyens pour la défense de leurs propres foyers. Tout ceci se passe au moment où je n’ai, comme je vous l’ai marqué itérativement, ni fonds en caisse, ni subsides, ni crédit, ni l’espoir d’obtenir des uns ni de l’autre. Néanmoins nous nous défendons, et la révolution ne fait pas de progrès. Si elle n’était pas encouragée, elle ferait des pas rétrogrades sur le terrain étroit qu’elle a choisi pour le centre de ses folles et criminelles entreprises.

Dans cet état de choses, M(onsieur) Gordon de retour de son ambassade à Constantinople est arrivé à Nauplie après avoir visité Athènes. J’ai l’honneur de connaître M(onsieur) Gordon depuis longtemps, ayant été en relations d’affaires avec lui à Vienne, à Carlsbad, à Laybach et ailleurs. Nous nous sommes donc entretenus longuement à cœur ouvert sur la déplorable situation de la Grèce. Je lui ai fait part avec un entier abandon des observations que j’avais pris la liberté d’adresser à Milord Palmerston, et de celles que j’ai consignées dans le mémoire destiné à la conférence de Londres.

M(onsieur) Gordon semble avoir jugé des hommes et des choses comme un personnage de sa sphère le doit, et les vœux qu’il m’a témoignés le prouvent. Il a désiré contribuer à rétablir en quelque sorte la confiance entre les représentants des cours alliées, les commandants des stations et le gouvernement, et leur faire adopter d’un commun accord des mesures au moyen desquelles on puisse arrêter dans leur source les menées révolutionnaires, au moins jusqu’à ce que la conférence de Londres se prononce ou que le congrès national soit assemblé.

Je ne vous répéterai pas les longs entretiens que j’ai eus avec Monsieur) Gordon. Vous en aurez une première idée dans la copie ci-jointe d’un billet que m’a écrit hier matin M(onsieur) le baron Rukmann, et dans la courte réponse que je lui ai faite.

Le courrier de ce jour partira avant que la négociation dont Monsieur) Gordon a eu l’extrême bonté d’être l’intermédiaire ait un dénouement. Ce que je puis vous dire cependant d’avance, c’est qu’elle ne peut avoir de suite, que pour autant que le gouvernement s’assurera que les Hydriotes sont mis dans l’impossibilité matérielle et morale de continuer

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leurs pratiques hostiles contre le gouvernement et les provinces de l’état, tant dans l’Archipel que dans le Péloponèse et dans la Grèce continentale.

Ils seront dans l’impossibilité matérielle, lorsque les commandants des stations alliées leur auront enlevé les moyens de faire sortir du port d’Hydra des bâtiments armés, ou lorsqu’ils n’auront plus en main des gages qui leur donnent une pleine et entière sécurité à cet égard.

Ils seront dans l’impossibilité morale, lorsqu’en prenant ces mesures on procédera dans des formes qui puissent convaincre les hommes de la révolution et tous les Hellènes de la haute improbation dont les représentants des cours alliées frappent les projets insensés et coupables, qui menacent des suites de l’anarchie ce malheureux pays.

Hors de là, tout ce qu’on ferait dans un système de prétendue conciliation aggraverait le mal, et rendrait peut-être inefficace plus tard l’action salutaire d’un prompt remède.

Ma conviction est à cet égard aussi profonde qu’invariable; Monsieur) Gordon paraît ne pas en douter. Nous allons voir ce qui en résultera; mais je ne m’attends à rien de bien satisfaisant, et la raison en est que Messieurs les résidents et Messieurs les commandants se sont trop avancés avec les coryphées de notre essai révolutionnaire.

Ils ont pensé, et ils pensent encore, que le peu d’hommes dont ils se sont laissés entourer depuis deux ans, représentent la nation. Ils ont accordé à ces hommes pleine confiance. Ils ont répété peut-être à leurs cours les informations qu’ils leur ont données. Messieurs les résidents et Messieurs les commandants sont donc dans la pénible nécessité de les soutenir. Il ne leur suffit pas de les sauver. Ils veulent plus: ils veulent leur garantir une espèce de considération et d’influence, si ce n’est dans le pays, au moins auprès de leurs cours.

Toute la question est là. Je n’ose pas me flatter que M(onsieur) Gordon puisse la trancher de manière à satisfaire Messieurs les résidents et Messieurs les commandants, et à obtenir en même temps l’assentiment du gouvernement provisoire.

Quelles que soient mes dispositions personnelles à tout concilier, je ne puis pas y donner suite au prix des devoirs que j’ai à remplir pour répondre à la confiance de la nation.

En jetant un coup d’œil sur l’ensemble des faits, il me semble démontré jusqu’à la dernière évidence que le gouvernement a toujours voulu ramener les hommes égarés, par la voie de la persuasion et non par celle de la force.

Tant qu’ils n’ont fait que parler, écrire des adresses, et imprimer des libelles, il les a laissés faire. Les menées et les complots datent du mois de janvier. Quelles mesures le gouvernement a-t-il prises pour les arrêter?

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Aucune. Il a voulu que ces hommes fussent jugés par leurs œuvres. Il a voulu plus: il a mis à l’épreuve la nation. Il s’est dit: Si elle sait apprécier ses véritables intérêts, elle ne se laissera pas ébranler, et elle demeurera tranquille. Cette attente n’a pas été trompée. La nation en masse a rejeté et rejette les projets coupables de nos révolutionnaires, quoique appuyés au moins par les apparences d’une protection imposante.

Mais le gouvernement pouvait-il, devait-il, laisser ces hommes agir hostilement contre lui, et ce qui est plus encore, contre les provinces amies de l’ordre et de la tranquillité? C’est alors, et ce n’est qu’alors, qu’il a dû se garantir au moyen de la force.

Tel est le point de vue sous lequel je vous engage à faire envisager nos tristes affaires et la position du gouvernement, toutes les fois qu’il s’agira de faire des apologies. Je répugne à croire que la conférence de Londres vous place dans cette nécessité.

Les expéditions que les Hydriotes ont faites à Maïna portent leur fruit. On se bat dans les montagnes. J’ai été obligé de mettre à l’abri d’un coup de main Calamata et Mistra. En attendant, la piraterie a commencé sur les côtes du Magne. J’y ai envoyé trois de nos bâtiments. J’ignore ce qu’ils pourront faire.

Les choses restant dans l’état actuel, c’est-à-dire si l’insurrection continue à être protégée, le mal empirera tous les jours davantage. Il sera plus tard difficile, sinon impossible, d’y remédier. Pendant qu’il en est temps encore, tout peut être sauvé. L’ordre peut se rétablir: mais il faut que la conférence de Londres se prononce; il faut qu’elle envoie des subsides. Ce sont les deux conditions de rigueur.

Insistez sur ces points. Faisons notre devoir; Dieu fera le reste.

P. S. Les protecteurs des Hydriotes se plaignent maintenant que le gouvernement ait mis en accusation les promoteurs de la catastrophe de Poros.

En réponse j’ai fait une observation, sur laquelle il importe que vous vous arrêtiez en cas de besoin.

L’attentat de Poros a été consommé le 1/13 août. Le rapport du ministère de la justice et la proclamation du gouvernement portent la date 14/26. Que s’est-il passé dans cet intervalle?

Messieurs les commandants des stations alliées ont déclaré aux Hydriotes que leurs bâtiments ne sortiraient pas du port; et que s’ils sortaient ils y seraient refoulés, et qu’une croisière allait être établie à cet effet.

Malgré la déclaration, malgré la croisière, trois expéditions ont passé sous les yeux du brick chargé de la croisière: l’une pour Salamine, l’autre pour l’Archipel, et la troisième pour Maïna.

Ce n’est que lorsque le gouvernement a reçu les rapports de Salamine,

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de Maina, de Syra et de Siphnos, qu’il a signé la proclamation du 14/26, et expédié des troupes sur la côte du Péloponèse opposée à l’île d’Hydra. Pouvait-il se dispenser de prendre ces mesures? Il a laissé aux Hydriotes le temps de reconnaître leur crime, et de revenir spontanément sur la route du devoir et de l’honneur. Il leur aurait pardonné; ils ne l’ont pas voulu.

Si les déclarations de Messieurs les commandants des stations alliées étaient vraies et formelles, en ne s’y conformant pas les Hydriotes n’auraient-ils pas dû perdre tout droit quelconque à l’intervention de Messieurs les commandants et de Messieurs les résidents? Tout au contraire: ces messieurs les protègent encore.

Je reviens avec une peine inexprimable sur ces observations. Vous en ferez l’usage que vous jugerez le plus nécessaire.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ Μ. ΣΟΥΤΣΟ

Correspondance, τόμος IV, σ. 405 - 415 και Αρχείο Καποδίστρια.

[Ακόμη μία φορά ο Καποδίστριας εκφράζει την αδημονία του για την ολοκλήρωση των διαβουλεύσεων της διάσκεψης του Λονδίνου. Περιγράφει τις νέες εξελίξεις των επαναστατικών κινημάτων και αναλύει τη στάση του, η οποία είναι πάντοτε σταθερή].

A M(onsieur) le Prince Soutzos, à Paris.

Nauplie, 14/26 septembre 1831

M(onsieur) de Regny est arrivé, et il vient de me remettre votre lettre du 10/22 août. Vous ne m’accusez que la réception des miennes en date du 1/13 juillet. Celles qui les ont suivies jusqu’à la date du 31 du mois passé, et que je vous ai expédiées par la voie d’Ancône et de Modon, doivent à cette heure vous être parvenues. J’aime à espérer que, muni de toutes les informations qu’elles vous apportent, vous aurez pu remplir

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avec succès la tâche importante que la confiance du gouvernement vous a assignée.

Je continuerai d’abord le récit de nos misères. Je vous avais annoncé par ma dernière du 31 août / 12 septembre les négociations amicales de M(onsieur) Gordon; mais en même temps je ne vous ai point laissé ignorer le peu d’espoir que j’entretenais d’un résultat satisfaisant.

Les pièces ci-jointes sous les lettres A et B vous prouvent que je ne me suis pas trompé. La première est un projet de note verbale dont la rédaction appartient, me dit-on, à M(onsieur) le commandant Lalande. M(onsieur) Gordon en me la communiquant confidentiellement a reconnu avec moi qu’il m’était impossible de l’admettre. L’esprit dans lequel cette pièce était conçue, les termes dans lesquels elle exposait l’état des choses, les mesures enfin qu’elle proposait pour y remédier, tout était de nature à encourager d’une part l’insurrection, et de l’autre à déconsidérer le gouvernement. Le peu de notes dont j’accompagne cette pièce vous donnent le résumé de mon entretien avec M(onsieur) Gordon.

Ayant reconnu, comme je viens de vous le faire observer, qu’il m’était impossible de recevoir une semblable communication et de consentir aux mesures qu’elle proposait, M(onsieur) Gordon prit la plume, et voulut bien tracer sur le papier la courte proposition que je lui exposai de vive voix. C’est l’annexe sous la lettre B.

Après avoir expliqué encore une fois à M(onsieur) Gordon toute ma pensée sur la situation intérieure du pays, je l’ai instamment prié de solliciter les décisions définitives de la conférence, ne fût-ce que sur les deux questions vitales, c’est-à-dire la nomination du prince souverain et les subsides.

M(onsieur) Gordon est parti le jour même, et j’aime à me flatter qu’il ne tardera pas à informer Milord Palmerston des faits dont il a été témoin durant le peu de jours qu’il est resté ici.

Le lendemain du départ de M(onsieur) Gordon, Messieurs les commandants des stations alliées m’ont fait l’honneur de venir me voir. Ils m’ont parlé de deux propositions que M(onsieur) Gordon leur avait communiquées. J’en ai pris connaissance, et je leur ai répété que j’étais prêt à les adopter, et à concourir de tous mes efforts pour que les mesures qu’elles indiquent soient mises à exécution.

M(onsieur) Lalande qui portait la parole de la part de ses collègues revint alors sur la nécessité d’accorder aux Hydriotes la liberté de faire sortir leurs bâtiments de commerce, et de leur promettre en même temps qu’ils seraient reçus dans les ports de l’état.

Il serait trop long, mon prince, de répéter ici toutes les observations que j’ai dû faire à M(onsieur) Lalande, pour lui démontrer que le gouvernement ne pouvait consentir ni à l’une ni à l’autre de ces deux demandes.

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Ma conclusion a été: que les Hydriotes rappellent tous les bâtiments armés qu’ils ont expédiés sur les côtes du Péloponèse et dans la mer Egée; qu’ils désarment ; qu’ils montrent par le fait qu’ils ne sont plus en état d’hostilités envers la nation et le gouvernement. Alors le gouvernement pourra leur ménager le moyen de ravitailler leur île ; peut-être même celui de la réconciliation, non avec les hommes sur lesquels pèse l’accusation de haute trahison, mais avec la communauté d’Hydra, laquelle est victime innocente de tant de crimes et de folies.

Voyant que nulle insistance ultérieure ne pourrait me faire changer de détermination, M(onsieur) Lalande se chargea de faire connaître aux Hydriotes les conditions auxquelles ils obtiendraient les sûretés que je venais de donner à Messieurs les commandants. Pour hâter ce résultat, ces messieurs sont convenus de faire arriver à bord de leurs bâtiments une députation d’Hydra.

Dans les entrefaites j’ai appris que dans l’île on préparait une nouvelle expédition de trois bâtiments armés. J’en ai prévenu moi-même Messieurs les commandants, et je leur ai déclaré que si, au moment où ils honoraient encore les hommes d’Hydra de leur intérêt, ces derniers leur manquaient au point de faire une nouvelle expédition, je ne consentais plus à la possibilité d’un arrangement quelconque.

M(onsieur) Lalande me répondit qu’il savait bien qu’on armait des bâtiments, mais qu’il était assuré que c’étaient des bâtiments qu’on destinait au commerce.

J’insistai à mon tour auprès de lui, comme auprès de M(onsieur) l’amiral Ricord, pour que ces bâtiments fussent empêchés de sortir.

Peines perdues. Les bâtiments armés sortirent, en surprenant la vigilance des croiseurs. Deux se rendirent dans les îles de Zéa et de Thermia, pour châtier les habitants qui avaient rejeté leurs agents révolutionnaires, et qui avaient appelé à leur secours le brave Canaris. Un troisième, dit-on, est allé renforcer la division hydriote qui travaille à insurger les hommes de Liméni et de Calamata.

C’est sous ces auspices que la députation d’Hydra embarquée sur un brick français vint dans le golfe de Nauplie, et que M(onsieur) Lalande me fit dire par un de ses officiers qu’il désirait connaître mes intentions.

Ma réponse a été courte et claire. La voici: «Du moment que les Hydriotes ont manqué à tout ce qu’ils devaient au bienveillant intérêt de Messieurs les commandants, et qu’ils ont fait partir leurs bricks armés malgré leurs déclarations réitérées et le blocus, il m’est impossible d’admettre que Messieurs les commandants puissent désormais compter sur la parole de ces gens-là. Par conséquent je ne puis plus consentir à ce qu’on leur promette rien, mais rien au monde, au nom et de la part du gouvernement.»

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J’ai fait la même réponse à M(onsieur) l’amiral Ricord, et je me suis abstenu de toute autre explication. La députation est retournée à Hydra. J’ignore ce qui en adviendra.

Si ces gens rappellent tous leurs bâtiments, s’ils renoncent à se considérer comme le noyau autour duquel doit bientôt se grouper une soi-disant représentation nationale; en un mot s’ils veulent et peuvent demeurer paisibles dans leur île, et que les faits m’aient assuré que telle est leur situation et leur détermination, assurément je ne persisterai plus alors dans les mesures de rigueur dont je les environne dans ce moment. Les principales consistent dans quelques troupes que j’ai fait camper sur la côte du Péloponèse opposée à Hydra, et dans les ordres donnés aux employés du gouvernement de ne pas recevoir dans les ports de l’état les barques et les bâtiments d’Hydra.

Les choses en sont restées là jusqu’à ce moment, pour ce qui concerne le foyer de l’insurrection.

Il n’en est pas de même d’une de ses émanations, le foyer de Liméni. Les bâtiments hydriotes échappés, dit-on, à la croisière arrivèrent à Liméni. Les brigands qui s’y tenaient assemblés, sans cependant avoir osé rien entreprendre depuis le mois de mai, reçurent une députation d’Hydra, laquelle leur apporta enfin des déclarations, des munitions de guerre, des vivres, et qui plus est une somme d’argent considérable.

Le projet de cette députation révolutionnaire était d’armer les Spartiates en masse, de les pousser d’une part vers Calamata, dans les provinces de la Messénie, de là vers Tripolitza et, s’il était possible, jusqu’à Argos; de l’autre par Marathonisi et Mistra.

Les Spartiates ont rejeté les offres de la députation d’Hydra; et à l’exception des Mavromichalis, et de 5 à 600 hommes qui ont été gagnés par de fortes paies, le reste des provinces est demeuré tranquille et attaché au gouvernement.

Les Mavromichalis avec leur suite, aidés par les bâtiments hydriotes, se sont présentés aux environs de Calamata. Ils ont même occupé cette ville. Les troupes que j’y avais envoyées pour la défendre auraient suffi, si les bâtiments de l’état étaient arrivés à temps.

Le retard qu’ils ont mis à se rallier à cause des temps contraires, et une foule d’autres circonstances, ont favorisé les insurgés. Calamata a été pillée, dévastée, rançonnée par ces héros constitutionnels.

Au moment où les bâtiments étaient arrivés, et que des renforts considérables de troupes s’assemblaient aux environs de Calamata, au moment où ces troupes allaient prendre des positions pour forcer les Maïnotes et les Hydriotes à se retirer, M(onsieur) le général Guéhéneuc se décida de son propre mouvement à y envoyer un détachement de ses troupes.

Je joins ici sous les lettres C, D, E, la lettre qu’il m’a adressée, la

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réponse que je lui ai faite, et celle aussi que M(onsieur) de Rouen me donna, par une suite de la communication confidentielle que je lui fis de cette correspondance.

Je ne doute pas que M(onsieur) le général Guéhéneuc n’admette ma demande. Si je dois cependant m’en tenir aux informations que je reçois à chaque instant, et de Calamata et des villages et des faubourgs qui sont entre les places de la Messénie et ce point centred, les Français ont répandu le bruit qu’ils vont occuper militairement Calamata, et qu’ils y resteront jusqu’à ce que le général reçoive des ordres de Paris.

Ces bruits me semblent tout à fait malveillants, et je ne veux leur donner aucun crédit. Au surplus je ne puis en juger que sur le témoignage des faits, et la réponse que le général m’enverra en constatera le principe.

Jusqu’ici cependant il paraît que le commandant Barthélémy a aussi voulu occuper Nisi, où se trouvent assemblées les troupes du gouvernement sous les ordres du général Colocotronis. Sur l’invitation qui lui a été faite de se retirer, il a répondu comme il devait. Il a déclaré qu’il ne bougerait pas, à moins qu’on ne lui présentât un ordre du gouvernement.

Si avant le départ du courrier je reçois la réponse du général Guéhéneuc, je vous en ferai part.

Je viens aussi de recevoir la nouvelle qu’à l’arrivée de la petite division des bâtiments de l’état et de M(onsieur) l’amiral Ricord dans le golfe de Calamata, les insurgés ont mis le feu à trois de nos bâtiments et en ont fait échouer un.

Ces nouvelles catastrophes et l’invasion de Calamata ont produit un double résultat, lequel est utile, quels que soient les regrets et la peine que doivent faire éprouver les circonstances dont il dépend.

Il est prouvé de l’aveu même du général Guéhéneuc (voyez sa lettre) que la soi-disant commission constitutionnelle de Liméni, ainsi que son auxiliaire la commission constitutionnelle d’Hydra, est un assemblage de brigands dont le mouvement ne peut produire que spoliation et anarchie.

Il est prouvé en second lieu que la totalité de la population guerrière de Sparte est restée inébranlable dans ses sentiments envers le gouvernement, et qu’elle veut l’ordre et la tranquillité, même à Sparte.

Il est prouvé en troisième lieu que le Péloponèse réprouve les menées révolutionnaires des Hydriotes, attendu que le général Colocotronis a sous ses ordres 1,500 hommes de la milice de toutes les provinces.

Si les dispositions des habitants de ces provinces étaient différentes, nul doute que les constitutionnels de Sparte et d’Hydra n’eussent fait des progrès. Ni le temps, ni l’argent, ni la protection, ne leur ont manqué.

Non le temps; parce que l’incendie de Poros et la désorganisation complète du service de la marine ayant enlevé au gouvernement les moyens d’armer promptement des bâtiments, les Hydriotes ont eu l’avantage

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tage de se montrer sur tous les points des côtes de Maïna pendant environ six semaines.

Non l’argent; ils ont apporté avec eux environ 50.000 francs. Le gouvernement n’a jamais eu en caisse et disponibles dans ces périlleuses circonstances au delà de 15 à 20.000 francs, et n’a pu payer les marins et les soldats qu’avec de petits à-compte et avec des assignations.

Non la protection; parce que après les déclarations de Messieurs les commandants des stations alliées et malgré la croisière, la sortie des bâtiments hydriotes est envisagée par les Grecs comme une forte présomption en faveur de la protection dont jouissent les insurgés de la part des Français et des Anglais.

Plusieurs autres circonstances les confirment dans cette opinion. Quelques officiers français radicaux approuvent et encouragent dans leur particulier les menées qui ont pour but un prétendu changement constitutionnel dans l’ordre intérieur du pays.

On va même jusqu’à répéter que les hommes de Liméni ont reçu de Modon et de Navarin des munitions de guerre.

Tout ceci peut tourner à mieux. Ces opinions peuvent se rectifier, si le général Guéhéneuc retire de Calamata son détachement. Dans le cas contraire on ne persuadera pas aux Grecs que les Maïnotes n’agissent point par une impulsion étrangère.

Les Mavromichalis, ainsi que les Hydriotes, sont restés à Calamata, et sont maintenant sous la sauvegarde des troupes françaises.

Peuvent-ils y rester sans produire une impression défavorable dans l’esprit de la nation qui les improuve, qui les combat, qui les maudit, parce qu’ils veulent troubler la tranquillité intérieure, tranquillité que d’ailleurs on leur recommande de maintenir au nom et de la part des Puissances alliées?

J’aime à espérer, mon prince, que vous n’aurez pas besoin de faire usage des informations que renferme la présente pour hâter les décisions de la conférence de Londres.

Ces décisions doivent être prises à cette heure. Mais vous en ferez usage pour démontrer à L(eurs) E(xcellences) qu’ils n’ont plus de temps à perdre.

Les faits déplorables que je vous retrace viennent vous démontrer que je ne me suis pas trompé en jugeant depuis le mois de mai de notre situation, des causes qui la rendent périlleuse et critique, et des remèdes que j’ai sollicités et que je sollicite en vain depuis lors.

Je vous répète et je vous autorise à répéter, que je ne dévierai pas de ma marche. Je ne trahirai aucun de mes devoirs. Je les remplirai tous jusqu’au dernier moment.

Lorsque j’aurai la conviction de ne pouvoir plus rien faire pour sauver

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ce malheureux pays des horreurs de la guerre civile, de l’anarchie ou bien d’une occupation militaire, je mettrai sous les yeux de la nation Grecque et du monde l’historique vrai et sincère des choses et des hommes, et je me retirerai en emportant avec moi le plus grand des biens, la pureté et le repos de ma conscience.

Il me reste à vous dire un mot du congrès national. Les élections commencent à se faire. La plupart des provinces ont préféré des hommes nouveaux pour plénipotentiaires. Les nominations sont bonnes. Je ne presse pas la réunion. Elle devrait avoir lieu après-demain. Il se peut qu’elle tarde encore un mois. Je le désire pour que les îles de l’Archipel aient le temps d’envoyer aussi leurs députés. D’ailleurs il se peut que jusque-là la conférence de Londres nous ait fait connaître ses décisions, soit définitives, soit transitoires.

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ΙΩ. ΚΑΠΟΔΙΣΤΡΙΑΣ ΠΡΟΣ I. Γ. ΕΫΝΑΡΔΟ

Correspondance, τόμος IV, σ. 415-417.

[Ο Καποδίστριας περιγράφει, ακόμη μία φορά στον Εϋνάρδο τα προβλήματα, τα οποία αντιμετωπίζει και ιδιαίτερα όσα σχετίζονται με την έλλειψη οικονομικών πόρων].

A M(onsieur) le Chevalier Eynard, à Genève.

Nauplie, 14/26 septembre 1831

Mon cher Eynard, M(onsieur) de Regny est arrivé. Je viens de le voir; il m’a remis votre lettre du 5 du mois passé.

Je vous remercie infiniment du secours que vous m’envoyez dans cet homme, qui me paraît aussi être celui que je cherche depuis longtemps.

Il dînera demain chez moi avec les employés des finances. Il tâchera avant tout de connaître l’état actuel de notre administration; il me donnera ensuite ses idées.

Dieu veuille que dans ces entrefaites les événements du dehors me laissent les moyens et le temps d’utiliser M(onsieur) de Regny. Je vous dis les événements du dehors, parce que nos petites échauffourées révolutionnaires

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naires ne sont que la conséquence directe et immédiate de ces mêmes événements, et des efforts des hommes qui les exploitent à leur avantage personnel.

Ces hommes ne sont pas seulement ceux qui composent la clique d’Hydra; il y en a d’autres ici même à Nauplie, qui les poussent. Ce sont ces derniers dont les événements du dehors devraient nous délivrer. Sans cela à la longue il n’y a pas de salut véritable pour ce malheureux pays.

Au moment où je vous écris, je n’ai pas un sou en caisse. Je fais néanmoins aller le service avec une espèce de papier-monnaie, que le gouvernement reçoit en son temps en paiement des revenus et des droits de douane.

Cet expédient réussit, mais cela ne peut pas aller longtemps. Il faut du crédit, et le gouvernement ne peut pas en avoir, lorsque les cours alliées lui promettent depuis six mois des secours pécuniaires sans les lui donner; lorsque le commandants des stations et Messieurs les résidents de France et d’Angleterre témoignent de l’intérêt aux hommes assemblés à Hydra, lorsque enfin les incertitudes planent sur ce même gouvernement, que l’alliance prétend étayer de son appui moral.

C’en est assez sur ce grand et triste chapitre.

Quelques personnes et quelques journaux se montrent peu satisfaits du gouvernement grec: je ne m’en étonne pas, vu leurs opinions politiques; cependant le témoignage qui me paraît le seul irrécusable est celui des faits, et les faits prouvent que le gouvernement n’a éloigné des affaires et du service que ceux qui malversaient ou qui intriguaient contre l’ordre actuel des choses et qui tâchaient de le renverser. Le général Schneider qui est arrivé en France, donnera, j’espère, des renseignements qui ne seront pas défavorables au gouvernement grec.

Ni la crainte des intrigues et des intrigants, ni celle des longues colonnes de quelques journaux, ne me fera dévier de ma marche. On dira, on écrira ce qu’on voudra; mais à la longue les hommes ne sont pas jugés d’après ce qu’on dit ou écrit de leurs actions, mais d’après le témoignage de ces mêmes actions. Fort de cette maxime, j’ai vécu dans le monde avec ces principes jusqu’au déclin de ma vie, et je m’en suis bien trouvé. Il m’est impossible à cette heure d’en changer; je ferai ce que je dois, advienne ce qui pourra.

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ΠΑΡΑΡΤΗΜΑ

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Σελ. 214
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    une conduite plus analogue à ses devoirs. J’ai demandé pour lui des faveurs de la part de son Gouverne(men)t et j’ai pris la liberté d’en écrire dans le tems à M(onsieu)r le Maréchal Duc de Dalmatie. Lorsqu’en janvier et février derniers il a itérativement demandé sa démission par suite de démêlés qu’il avait eu avec M(onsieu)r Gérard Directeur du Corps régulier et avec M(onsieu)r Pourchet Directeur de l’Arsenal, je me suis interposé, et j’ai tâché grâce aussi à l’intervention de M(onsieu)r Eyceronnier, Commandant de l’Artillerie dans la Brigade française, de ne pas donner suite aux demandes de M(onsieu)r Pauzié et de le faire rester à son poste. Mais connaissant par une pénible expérience combien il importait de mettre un frein au caractère de cet officier je me suis bien gardé de faire donner aucune réponse officielle à ses demandes de démission.

    Les funestes évenemens d’Hydra et de Poros vinrent ensuite ses symφ.2Γ pathies au/point qu’il ne sût plus se contenir. Sa correspondance avec le Ministre de la Guerre et jusque dans la moindre petite affaire fût désormais inadmissible à raison des termes inconvenants ou plutôt injurieux qu’il paraissait prodiguer à dessein à ce fonctionnaire du Gouvernement. S’il se permettait de manquer à ce dernier par ses lettres jugez quel devait être son langage au milieu des élèves dont il devait diriger l’éducation, au milieu des officiers qu’il devait former à la discipline. Il n’y avait pas de jour où je ne fusse accablé de plaintes et de récriminations de la part des officiers Grecs qui ne pouvaient tolérer de voir méprisé le Gouvernement, publiquement, par cet officier supérieur. Tous les efforts que j’ai faits en appelant auprès de moi M(onsieu)r Pauzié et en le priant de se modérer, ont été inutiles. Il ne me restait donc plus qu’à accepter aujourdhui la demande de démission qu’il m’avait fait parvenir en janvier. Avant d’arrêter cette mesure j’en ai prévenu M(onsieu)r le Général Gérard. M(onsieu)r Pauzié pour me faire changer de détermination m’a adressé une lettre dont je joins ici la copie.

    Ce document me dispense de vous en communiquer une foule d’autres qui vous caractériseraient encore plus l’homme. Si au moment de demander au Gouvernem(en)t une faveur, M(onsieu)r Pauzié ne sait que l’insulter grossièrement, jugez des procédés qu’il tenait journellement envers le Ministre de la Guerre.

    Je joins ici une lettre à S(on) E(xcellence) le Duc de Dalmatie pour lui annoncer que je suis forcé de donner à M(onsieu)r Pauzié sa démission et pour le prier de vous accorder une audience dans laquelle vous vous ferez un devoir de l’entretenir plus en détail de cette désagréable affaire.

    Les officiers français qui comme M(onsieu)r Pourchet remplissent avec zèle leurs devoirs et qui font profession de sentimene honorables sont chéris par le Gouvernement et il se félicite toutes les fois qu’il peut saisir une occasion de leur témoigner sa confiance et sa gratitude.